Eklablog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Quelques textes fondamentaux selon les cultures

Publicité

Stratagème 16 - Hexagramme 5

« Laisser s'éloigner pour mieux piéger »

N'éveille pas chez l'adversaire l'esprit de contre-attaque.

Pressez l'ennemi (vaincu) et il contre-attaquera ; laissez le prendre le large et il affaiblira sa position. Suivez-le à proximité mais sans trop le presser. Poussez-le à gaspiller son énergie et sapez son moral. Après qu'il s'est éparpillé, soumettez-le sans même teinter de sang vos épées.

Attente, la sincérité amène la fortune.*

La guerre est très coûteuse, même pour le vainqueur. Généralement, il est plus profitable de mener une prompte bataille et d'anéantir au plus vite l'ennemi. Pourtant il faut dans certains cas rester prêt à saisir l'occasion, en attendant patiemment que se développe une situation avantageuse. Face à un ennemi puissant, il est par exemple parfois très déconseillé de passer immédiatement à l'action. Au lieu de cela, il faut user des conditions naturelles présentes et de savantes manœuvres pour consumer les forces et le moral de l'ennemi avant d'engager la bataille proprement dite.

Par conséquent, en contradiction apparente avec l'idée reçue de la suprême importance qu'a la rapidité dans l'action militaire, ce stratagème met en exergue la nécessité de l'attente.

Soumis à une vive attaque, un ennemi encerclé sera forcé de se battre jusqu'à la mort. Si on l'encercle sans l'assaillir violemment tout en lui laissant une issue de secours, l'ennemi ne tardera pas à perdre ses esprits dans une fuite désordonnée. Ainsi, afin de détruire l'armée ennemie en l'acculant dans une position adverse, il convient de préparer cette situation en usant progressivement l'ennemi plutôt qu'en l'agressant sauvagement, de peur d'éveiller en lui une résistance désespérée. D'un autre côté, le général ennemi peut mettre délibérément ses troupes dans une position critique (interdisant toute fuite) afin de les forcer à se « battre avec leurs tripes ». (Cf. Stratégie Vingt-Huit).

Naturellement, l'ajournement est une méthode inhabituelle qui ne doit être utilisée qu'avec d'extraordinaires précautions. Avant de décider d'interrompre l'action, il faut avant tout s'assurer que ses propres troupes puissent se permettre d'attendre et que rien ne risque de survenir dans l'intervalle qui placerait l'ennemi dans une meilleure position.

* Texte tiré de l'hexagramme 5 Su (attendre)... Face au danger, on ne doit pas se jeter en avant la tête la première mais plutôt attendre l'heure opportune.

 

Hexagramme 5 : Su / L'Attente (la Nutrition)

Su / l'Attente (la Nutrition)
En haut K'an : L'Insondable, l'Eau
En bas K'ien : Le Créateur, le Ciel

Tous les êtres ont besoin de la nourriture d'en haut. Mais les aliments sont administrés en leur temps, qu'il faut attendre. L'hexagramme montre les nuages dans le ciel répandant la pluie qui réjouit tout ce qui croît et pourvoit l'homme de nourriture et de boisson. Cette pluie viendra à son heure. On ne peut la faire venir de force, mais il faut l'attendre. La pensée de l'attente est en outre suggérée par les propriétés de chacun des trigrammes : au-dedans, force; devant, danger . Face au danger, la force ne se précipite pas mais sait attendre, tandis que la faiblesse tombe dans l'agitation et n'a pas la patience d'attendre

L'attente n'est pas un espoir vide. Elle a la certitude intérieure d'atteindre son but. Seule cette certitude intérieure donne la lumière qui conduit à la réussite. Celle-ci mène à la persévérance qui apporte la fortune et confère la force de traverser les grandes eaux. Le consultant a devant lui un danger qui doit être surmonté. La faiblesse et l'impatience sont impuissantes. Seul celui qui est fort viendra à bout de son destin, car il peut tenir ferme jusqu'à la fin grâce à son assurance intérieure. Cette force se révèle dans une sincérité inflexible. Ce n'est que lorsque l'homme est capable de regarder les choses telles qu'elles sont, sans illusion ni duperie à l'égard de lui-même, qu'il se dégage des événements une lumière grâce à laquelle on peut discerner la voie du succès. Une telle connaissance doit être suivie d'une action résolue et persévérante, car c'est seulement lorsque l'homme affronte résolument son destin qu'il peut en venir à bout. On peut alors traverser les grandes eaux, c'est-à-dire prendre la décision qui s'impose et tenir tête au danger.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article